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mardi 7 juillet 2015

Traité d'intolérance n°3 : "Je m'en fous c'est pas mon problème"



Pour ce troisième numéro de traité d'intolérance, j'ai eu envie de vous offrir une petite lettre ouverte pour parler du "je-m'en-foutisme". Bonne lecture !


Il est coutume de se lamenter sur un monde qui serait de plus en plus individualiste, pour ne pas dire égoïste. Nous le déplorons tout en assumant indirectement que seul les choses qui nous concerne uniquement éveille des inquiétudes.
C'est vrai, lorsque le l'on est hétérosexuel, qu'est qu'on en a à faire des droits LGBT ? Lorsque nous sommes d'une telle communauté, pourquoi se préoccuper de la situation des autres ethnies ? Quand on est homme, à quoi bon s'inquiéter si les femmes ont les mêmes chances que nous ?  Drôle de monde dans lequel nous vivons. Les uns s'insurgent que leur "différence" n'est pas assez respecté tout en méprisant la légitimité d'autres à défendre les leurs. 
Il est bien rare de voir des hommes se réclamer féministes, des hétérosexuels se définir comme gay-friendly ou encore des religieux défendre une autre religion lorsque qu'elle subit les foudres de l'oppression. Il sera difficile pour le cadre de se sentir concerné lorsque que les chômeurs se voient rogner leurs indemnités comme il sera presque impossible de voir une personne politisé défendre la liberté d'expression d'un de ses opposants. 
Tout le monde se réclame pour l'égalité, la liberté et les droits qui vont avec, mais défendent avant tout leur propre particularité alors que le devoir de citoyen devrait de imposer le fait se sentir concerné à chaque fois qu'un de ces droits est mis en danger pour n'importe quel individu.



De pauvres animaux risquent la disparition à cause de l'activité humaine ? Ce n'est pas mon problème ! Que des journalistes soit opprimé essentiellement grâce aux systèmes de surveillance de masse ? A quoi bon, ils sauront se débrouiller ! Les musulmans se sentent opprimé ? Il n'ont cas être exemplaire avant de réclamer quoique ce soit ! Un journal indépendant et sans publicité risque de disparaitre ? Pourquoi je chercherais à le sauver puisque je suis pas amateur de celui-ci mais plutôt de Closer ! 
La liste pourrait être longue et sans fin. Elle pourrait ne jamais se terminer. La plupart des individus ne voient la société qu'à travers de leurs attentes et de leurs inquiétudes sans considérer celle des autres individus. Ce qui est à mon goût, extrêmement dérangeant. 
De mon humble avis, lorsque que nous nous sentons sensible à certaines causes par rapport à une chose qui nous concerne directement (son orientation, son ethnie, sa culture, sa croyance etc...), au nom de l'esprit démocratique et du devoir citoyen, nous devrions rester attentif et vigilant aux revendications des autres qui attendent aussi des droits les concernant.
L'idéal de Liberté et d'Égalité ne peuvent fonctionner que lorsque que nous traitons nos problèmes sans aucun mépris de celui du voisin. Il est tout de même étonnant de se dire que certain osent défendre ses droits tout en manifestant une hostilité aux droits des autres !
La tolérance, comme la liberté ne s'arrêtent que lorsque ceux si n'entravent pas la dignité d'autres personnes, c'est un fait. De plus, il est plutôt logique de partir du principe que lorsque que l'on s'indigne sur les conditions d'une minorité, s'indigner pour toutes formes de discrimination, d'inégalité et d'injustice est un devoir tout aussi important.Bien évidement, si l'on est engagé, il est normal de se concentrer sur un thème qui généralement nous est cher, mais de ce principe, il ne faut jamais oublier ni rester indifférent aux autres combats qui sont à faire !



Et vous, êtes vous indigné universel ? Localisé ou simple résigné intemporel ? 

samedi 13 juin 2015

Traité d'intolérance n°1 : Introduction



Plus que jamais, le concept de tolérance doit être mis en avant, aussi bien dans notre pays que dans le reste du monde. Toutefois, que doit-on voir derrière ce mot ? Un idéal humaniste ou une vision trop angélique et laxiste de la nature humaine ? De la grandeur intellectuelle ou de la naïveté bien pensante ?

Simplement comprendre autrui ?


Comprenons-nous bien, ce mot représente une valeur bénéfique à tous. Tolérer, c'est comprendre, apprendre et s'enrichir. L'être humain est pluriel et par conséquent, extrêmement complexe, c'est incontestable. Le nier revient à se réduire soi-même, à briser ce qui fait notre propre nature. L'accepter, par contre, renvient à faire un premier pas vers ce que l'on nomme l'ouverture d'esprit.

Nous vivons dans un monde fait de couleurs, de pensées, d'amours, de genres, de croyances, de cultures, de vies infiniment multiples qui provoquent souvent (malheureusement) des tensions, des méfiances et même des haines entre nous. Il n'est pas facile de pouvoir outrepasser les barrières, de transgresser les préjugés ainsi que les simplifications qui animent notre existence. Il faut le reconnaître, la tolérance, c'est d'abord un travail personnel dans un objectif unique, celui d'apprendre à apprécier ce qui n'est pas « nous », ce qui se cache derrière le mot « diversité ».

Chaque être humain est riche de son histoire, de son caractère, de sa vision et de son expérience. Tous hommes se ressemblent, mais chaque être humain est unique, voilà les faits. Vouloir imposer sa norme est, en quelque sorte, une forme de génocide à l'encontre des « autres ».



Aujourd'hui, dans un pays comme le notre, la tolérance semble être devenu un sujet vue et revue. D'une banalité tellement évidente, qu'en parler revient à verser un flot de paroles dans le néant. Quelle chose malheureuse, quand on sait qu'il y a encore tellement de travail à ce sujet là, ne serait-ce que chez nous, en France.

Les uns haïssent les personnes de confessions musulmanes, les autres s'attaquent aussi bien verbalement que physiquement envers les homosexuels. L'antisémite notoire use des libertés qu'offre internet pour distiller ses théories confuses et hasardeuses tandis que le raciste de base maudit le voisin de couleur sous le prétexte d'une menace imminente, celle « d'un grand remplacement de la race blanche ». Le tout alimenté de fantasmes, de basses généralisations ainsi que d'immondes propos créant deux catégories humaines, l'une dite "supérieure", l'autre faite de "sous-hommes".

Voilà ce à quoi nous faisons encore face, à des haines pleines de mauvaises raisons, à des incompréhensions faite d’ignorance et de stigmatisation, à une vision stéréotypée provoquée généralement par ce que l'on perçoit comme « vrai ».

Mais, à l'époque d'internet, de la connaissance accessible partout et en instantané, qui plut est, dans une société de plus en plus diversifiée et ouverte, comment se fait-il que l'intolérance perdure ? Il suffit de réfléchir seulement quelques minutes, et encore, pour se rendre compte que cela paraît absurde. Pourquoi détester l'autre par sa différence alors qu'individuellement, nous avons tous une "différence" que l'autre peut juger et blâmer en retour ? L'homo sapiens, doté d'une intelligence qui lui a permis de changer le monde et même d'aller dans l'espace, ne serait pas capable de reconnaître que la haine de l'autre ne peut qu'amener à de pernicieuses guerres stériles et sans fin 




« La tolérance n'a jamais excité de guerre civile ; l'intolérance a couvert la terre de carnage. »
Voltaire – Traité sur la Tolérance


L'intolérance peut tirer son origine de plusieurs sources, la plus classique est celle de l'ignorance. Certes ! Mais ce n'est pas la seule… En effet, le refus de comprendre l'autre en tant qu'humain est certainement l'une des principales causes. La Tolérance, il est vrai, tire son existence de notre capacité d'empathie ainsi qu'au fait que nous sommes capable de reconnaître en l'autre son humanité.

Tous fait de défauts, il ne nous est pas possible de juger l'autre sous prétexte d'être moins morale, de ne pas être « ce qu'il faut être ». « Qui suis-je pour juger les autres » dit-on désormais pour résumer son humilité et son respect. Après tout, quand on y pense, tous autant que nous sommes, nous appartenons à des minorités...

Sans le savoir, être tolérant c'est défendre la liberté. Cela peut paraître incertain au premier abord, mais lorsque nous laissons les autres vivre tel qu'ils l'entendent, tel qu'ils sont, nous grandissons le concept cher à tout Homme, la Liberté. Tolérer la vie des autres, c'est en retour tolérer sa propre individualité. Où se trouve alors la limite de la tolérance ? Là ou se trouve celle de la liberté. Tant que cela ne porte pas atteinte à autrui, tout est possible. Être intolérant, par effet de ricochet, c'est finalement se réprimer soi-même !

Le grand paradoxe : Faut-il tolérer l'intolérance ?


Il existe des dilemmes qui ne connaîtront jamais de véritable réponse. La question « Faut-il tolérer l'intolérance » en fait parti. D'un coté, il existe le oui… Mais cela implique que le tolérant risque de se retrouver écrasé par la dangerosité du second. De l'autre, il existe le non… Et cela implique que l'homme tolérant ne l'est plus réellement. De quoi s'arracher les cheveux. 

Chacun à sa propre réponse personnelle à cette impasse, et je ne le cache pas, j'ai la mienne aussi. Je considère qu'il est important de combattre l'intolérance, non pas de manière physique, mais idéologique. Laisser progresser les visions plaines d'animosités dans la société sous prétexte de tolérer sans limite l'intolérance, c'est une erreur. 

Depuis le début de la civilisation, les hommes se sont toujours battu autour d'idées, c'est le principe du débat qu'impose la diversité humaine. Cela fait partie de sa nature mais aussi de son idéal de liberté. Laisser pouvoir propager l'idéologie même qui empêche la diversité humaine est un non sens total à mes yeux. C'est laisser se répandre le terreaux de la haine, ce venin qui poussent les hommes à faire des guerres, à commettre des crimes qui feront rougir de honte leurs descendants comme nous nous sentons honteux face à l'horreur des camps de la mort, des goulags ou encore la politique raciale de l'apartheid. 


Stratégie de domination



L'intolérance ou la volonté d'imposer un modèle unique à suivre témoigne d'une volonté de domination. Dans notre société, ce modèle s'apparente à "l'homme blanc hétérosexuel et de confession catholique marié, avec deux enfants" dans d'autres sociétés, c'est "l'homme hétérosexuel arabe musulman appliquant littéralement le coran". Ceux qui s'en éloigne se retrouve dans la pression d'une domination invisible mais existante. Les femmes, les personnes de couleurs ou de confessions différentes, les allosexuels (englobe toutes personnes non hétérosexuel) doivent systématiquement se battre pour être sur un pied d'égalité. Ils se retrouvent dans un monde où il faut prendre plus de risques et passer plus de temps "au combat" pour atteindre le même degré de liberté que le modèle préétabli.

Les principaux opposants aux changements sociétaux présentent constamment les mêmes arguments. Ils vivent sous la crainte de la disparition du "point de repère" qu'est le "modèle dominant". Ils refusent l'idée qu'il existe diverses formes de familles (hétéro-parentale, homo-parentale, mono-parentale, composé de grands-parents et de leur petits enfants etc...), ils refusent la fin d'un monde où les frontières caractérisent une couleur de peau spécifique ou une ethnie, que le genre ne détermine plus le comportement de chaque individu, que leur voisin n'ait pas la même conception religieuse ou philosophique... 

Il arrive même que le concept d'égalité entre les êtres humains ne soit pas compris. Proclamer que tout les Hommes sont égaux n'est pas une négation des réalités physiques (qui présente parfois de fortes disparités entres deux personnes), c'est simplement offrir la possibilité à chacun d'entre nous de construire sa vie tel qu'il l'entend sans être écrasé sous le poids d'un formatage sociétal.

La Haine, violence des faibles d'esprits ?


Détester l'autre, vouloir le modeler pour qu'il corresponde à sa conception de la normalité, c'est, en plus d'être une véritable violence, un manque réel d'intelligence. Chercher à conformer, que ce soit par la force ou non, est d'une absurdité totale. Les êtres humains sont immensément plus grands, plus efficaces, plus utiles en étant eux même ! Pouvoir être ce que l'on veut, c'est un droit fondamental. Encore aujourd'hui, bien que le discours général voudrait appeler à cela, la conception normalisatrice, pour ne pas dire culpabilisante, casse les individus, les broient dans le rouleau compresseur de la norme, laissant la porte ouverte à de multiples formes de dictature,  à de véritables massacres humains



En simple et modeste conclusion, je me permettrais juste d'écrier (où plutôt d'écrire avec conviction) : Ne jugeons pas sans comprendre et tolérons ceux qui nous sont différent et l'on se portera bien mieux en plus de s'ouvrir à une nouvelle vision plus coloré de la société.
Merci d'avoir lu en entier cet article qui n'est que le premier chapitre d'une longue série intitulée "Traité d'intolérance". Je répondrai avec plaisir à vos commentaires (n'hésitez pas à réagir et à donner votre point de vue et partager !). 



Traité d'intolérance est une série d'articles se basant sur le concept de tolérance et d'intolérance ainsi qu'aux droits humains. Le but est d'appeler à l’ouverture d'esprit, au respect de la diversité.